Il y maintenant plus de 30 ans que j´ai quitté la France, ou plutôt que je m´en suis échappée. Et j´ai passé la plus grande partie de ces années à renier mes origines et même mon identité, sans pourtant essayer de refaire le plein, au contraire même, j´ai toujours refusé de reprendre racine quelque part, ou avec quelqu´un . J´ai tout simplement effacé le passé, repris ma liberté universelle et affirmé que le plus important pour moi était ma liberté, à tous les niveaux. Ceci étant d´ailleurs aussi la raiosn pour laquelle je n´ai jamais voulu d´enfants.
Il y a seulement très peu de temps que c´est avec plaisir que je retourne en France, et que je m´y sents chez moi quand j´y suis. Celà fera 2 ans dans quelques jours. 2 ans que j´ai rencontré, par pur hasard (hasard ou non? pur, certainement!) l´homme que j´avais arrêté de chercher même dans mes rêves. Et après l´avoir rencontré, j´ai vite senti comme tout en moi recommencait à se mettre a sa place. Comme si j´avais été un morceau de puzzle mal emboité dans l´image finale du monde, un immense puzzle fait de milliards et milliards d´éléments.
J´ai eu alors envie de revenir en France, de lui montrer mes montagnes Pyréneennes, la maison ou j´étais née, la campagne dans laquelle je jouais, mes écoles… J´ai senti tout mon passé se réveiller en moi, et c´était tout simplement merveilleux de sentir cette petite vie grouiller en moi, comparé à cette immense et froid trou noir que j´étais devenue!
Et quand je me regarde dans la glace aujourd´hui, enfin je me souris. Je ne demande plus:
“C´est qui çà?”
je regarde la réflection de son visage dans mes yeux et je lui dis:
“Merci, Kevin, je t´aime!”

avril 25, 2008 à 4:33
Bonjour Miki,
tu t’es échapée de la France? Pourquoi?
Je ne sais pas si c’est vraiment possible d’effacer le passé, je pense que non.
avril 25, 2008 à 8:22
Bonjour Eva!
Je faisais mes études de maths/physique dans une université d’ élite et j’ avais horreur de la compétition qui y régnait. Il n’ y avait plus d’ amis autour, que des concurrents! Et puis j’ avais besoin de partir, partir pour partir je crois… une espèce de bougeotte qui ne m’ a jamais quittée, et qui est le fruit d’ une enfance et adolescence passées a déménager a travers la France…
Non, je ne crois pas qu’ on puisse effacer le passé…
avril 25, 2008 à 1:47
Merci Miki,
maintenant je comprends très bien.